COMMUNIQUES - publié le 21 février 2011

54 e Session de la Commission des Stupéfiants de l’ONU

B.V.

Du 21 au 25 mars prochain se réuniront, à Vienne, les pays signataires des conventions internationales en matière de drogues à l’occasion de la 54ième session de la Commission des Stupéfiants (CND).

La CND est l’organe directeur central pour toutes les problématiques des Nations Unies liées à la drogue. La Commission permet aux Etats membres d’analyser la situation mondiale de la drogue et de prendre des mesures. Elle contrôle la mise en œuvre des trois conventions internationales sur le contrôle des drogues et est en droit d’étudier tous les sujets ayant trait aux objectifs des conventions, notamment les listes de substances à mettre sous contrôle international.

C’est donc au niveau de cette commission que se joue la politique internationale en matière de drogues. Ces réunions sont importantes dans la mesure où ce sont précisément les conventions internationales qui le plus souvent sont brandies par les décideurs politiques nationaux pour justifier de l’immobilisme en matière de législation drogues.

Les sessions de la CND ont lieux tous les ans, mais c’est tous les 10 ans qu’est défini un nouveau plan stratégique de lutte contre les drogues. Souvenons-nous de la ferveur du discours de clôture fait par Pino Arlachi à l’occasion de la Session extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, à New York, en 1998. Il y recommandait aux délégations de mobiliser les efforts et les ressources nécessaires de chacun pour œuvrer à la réalisation d’un monde sans drogues d’ici l’année 2008. Il n’avait pas hésité à déclarer : « Un monde sans drogues est toujours possible ». En 2008 malgré l’échec cuisant de cette stratégie par rapport aux résultats escomptés aucun changement de cap n’a été opéré. C’est donc le plus naturellement du monde que la stratégie actuelle de lutte contre les drogues continue de s’inspirer de l’utopie d’un monde sans drogues.

Depuis plusieurs années la Liaison antiprohibitionniste est attentive aux débats qui ont lieux dans l’hémicycle des Nations Unies. Ce sera encore le cas du 21 mars au 25 mars prochain. Mais surtout la Liaison souligne le manque de publicité, d’intérêt dans les médias et du politique, dont souffre ces sessions de la CND. Pourtant de celles-ci, à en croire le législateur, dépend la politique belge en matière de drogues.

Dans les prochaines semaines nous tenterons de vous informer sur les débats de cette commission, d’avance nous savons que ce ne sera pas une mission simple, surtout lorsqu’il s’agit de poser un regard critique sur ceux-ci. En effet, nous ne pourrons pas déléguer un observateur sur les lieux, l’accès étant strictement réservé aux délégations officielles de chaque pays partie des conventions et à un nombre restreint, trié sur le volet, de représentants de la société civile. C’est un peu comme si cette commission prêchait les convaincus puisqu’il n’y a aucun siège prévu dans l’hémicycle pour accueillir d’autres organes que ceux qui sont officiellement reconnus par l’ONU.

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