COMMUNIQUES - publié le 9 février 2011

Dix-sept objections à l’abolition de l’interdiction de l’acullicu

17 pays membres des Nations-Unies sur 184 ont marqué leur objection à la demande bolivienne d’amendement, pour le retrait de l’interdiction de la mastication de la feuille de coca, de la Convention Unique de 1961 sur les Stupéfiants.

Au terme du délai imparti pour s’opposer à la demande d’amendement de la Convention Unique de 1961 introduite par la Bolivie on a enregistré 17 objections de la part des pays suivants : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suède, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, la Fédération de Russie, le Japon, Singapour, la Slovaquie, l’Estonie, la France, l’Italie, la Bulgarie, la Lettonie, la Malaisie et le Mexique. Soit seulement 17 des 184 pays signataire du Traité sur les drogues.

Les 17 objecteurs bloquent effectivement l’approbation automatique de l’amendement bolivien et l’on ne voit pas très clairement ce qui pourrait se passer par la suite. Le Comité Economique et Social des Nations-Unies (ECOSOC) devra prendre une décision sur la démarche à suivre, et la Commission des Stupéfiants (CND) sera probablement consultée à ce sujet lors de ses sessions annuelles qui auront lieu du 21 au 25 mars à Vienne. L’étape suivante pourrait être la tenue d’une Conférence sur le sujet. L’Allemagne a dit qu’elle considérera favorablement cette option, et cette conférence est précisément ce que voulaient éviter les Etats-Unis en demandant le plus possible d’objections. Malgré tout, 17 sur 184 cela ne fait même pas 10 pour cent.

Le président Morales a dit que la Bolivie réfléchit à la possibilité de se retirer de la Convention Unique et d’y adhérer à nouveau en formulant une réserve sur l’abolition de la mastication de la feuille de coca, au cas où la proposition d’amendement serait rejetée.

La majorité des pays qui rejettent l’amendement de la Bolivie argumente que cette décision tient au fait de "l’importance de conserver l’intégrité de la Convention de 1961, qui constitue un outil important pour la lutte mondiale contre le trafic de drogues". Bien que ces pays prétendent respecter la culture des peuples indigènes et reconnaître que la mastication de la feuille de coca est une coutume traditionnelle de Bolivie, ce qui est réellement dit à la Bolivie c’est : " Nous n’avons pas réellement de problèmes avec la mastication de la coca, mais nous préférons que vous continuiez à transgresser la Convention plutôt que de la changer en accord avec les processus établis". Il est difficile d’imaginer un signal plus négatif sur l’intégrité du système de traités, venant de pays supposés le protéger.

Les pays objecteurs doivent faire face au défi de présenter des arguments plus convaincants pour expliquer leur opposition à l’amendement.

ENCOD prie instamment les pays qui ont exprimé leur soutien à l’amendement de la Bolivie, de s’unir à la Bolivie au cas où cet amendement serait rejeté, et leur demande d’interpeller les objecteurs pour qu’ils revoient leur avis.

En savoir + : Encod

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